Le Centre national du costume de scène


Pour lever le rideauù
To raise the curtain

Le Centre National du Costume de Scène et de la Scénographie (cncs) a été inauguré le 1er juillet 2006 par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, en présence de Pierre-André Périssol, député-maire de la Ville de Moulins, de Gérard Dériot, Sénateur, Président du Conseil général de l’Allier, de René Souchon, Président du Conseil Régional d’Auvergne, et de Christian Lacroix, président du conseil d’administration. Quatre ans plus tard plus de 300 000 visiteurs ont découvert le cncs et le succès est au rendez-vous. Les collections s’enrichissent de nombreux dons, les expositions voyagent en France comme à l’étranger, les opérations de pédagogie et de formation se multiplient.

The Centre National du Costume de Scène et de la Scénographie (cncs) was inaugurated on the 1st of July 2006 by Renaud Donnedieu de Vabres, French Minister for culture and communication, accompanied by Pierre-André Périssol, MP and Mayor of Moulins, Gérard Dériot, Senator and Chairman of the Allier Departmental Council, René Souchon, Chairman of the Auvergne Regional Council, and Christian Lacroix, Chairman of the Centre’s board of directors. Four years later, some 300,000 visitors have already discovered the cncs and success appears to be on the agenda. Collections are enhanced via a number of donations, exhibitions travel throughout France and abroad and a proliferation of educational and training programmes are organised.

Au centre de la France

Au centre de la France, dans la région Auvergne, au cœur du Bourbonnais, dans l’Allier, Moulins est une ville ravissante construite de briques roses et noires que bien des célébrités fréquentèrent. Moulins est riche de belles églises, de nobles hôtels particuliers, d’une cathédrale où niche un des chefs-d’œuvre de l’art français de la fin du XVe siècle, le triptyque du Maître de Moulins, comme aussi du somptueux mausolée du duc de Montmorency, un des plus beaux monuments funéraires du xviie siècle, où le grand guerrier se pâme sur les genoux de sa veuve éplorée. Le Musée Anne de Beaujeu, qui occupe à l’ombre de la cathédrale la première Galerie Renaissance construite en France, le Centre de l’Illustration contemporaine dans l’Hôtel de Mora rénové, la Collection d’art sacré « Regards sur la Visitation » dans l’Hôtel de Moret, le Musée du Bâtiment dans le quartier des Mariniers comblent l’amateur, héritages ou enrichissements de l’apport culturel et artistique que les ducs de Bourbon avaient impulsé à la capitale de leur duché depuis le xve siècle. Le Centre National du Costume de Scène et de la Scénographie (cncs), situé au Quartier Villars, au bord de la rivière Allier, est la première institution au monde à être entièrement consacrée au patrimoine matériel des théâtres. Cette réalisation, fruit d’une collaboration entre l’Etat et la Ville de Moulins, a nécessité douze années pour la mise au point du contenu culturel et scientifique, les travaux de réhabilitation du site et des bâtiments existants, la construction de réserves pour les collections. La Bibliothèque nationale de France, la Comédie-Française et l’Opéra National de Paris en sont les institutions fondatrices, leurs dépôts (costumes, toiles de décors peintes, éléments de machinerie anciens…) constituent le premier noyau des collections. Les missions du cncs sont la conservation, l’étude, la valorisation d’un ensemble de costumes de scène qui compte aujourd’hui plus de 10 000 pièces et ne cesse de s’enrichir. Musée du costume de scène, le Centre est aussi un outil muséographique et scientifique au service du grand public comme des professionnels. Il propose, outre deux à trois grandes expositions par an, grâce à son auditorium, son centre de documentation et ses salles de formation, des manifestations tout public, des rencontres et des stages professionnels, un programme pédagogique décliné pour tous les niveaux d’enseignement. Un costume pour être soi, ou pour être un autre… Le costume n’est pas un élément isolé de la production du spectacle, son esthétique participe pleinement de la vision que le metteur en scène veut imposer. Produire un spectacle est un travail d’équipe mené par le metteur en scène, qui choisit décorateur et costumier. Ces trois fonctions sont parfois rassemblées entre les mains de la même personne. Dessiné par le costumier, réalisé par des ateliers de couture très spécialisés, où travaillent des artisans d’art, le costume est un acte d’amour.

In the centre of France

In the Auvergne region, located in the centre of France, in the very heart of the Bourbonnais within the Allier department, nestles the charming town of Moulins, with its typical pink and black brickwork, appreciated by many a celebrity. Moulins boasts a wealth of beautiful churches, noble town houses, and a cathedral which is home to one of France’s greatest late 15th Century masterpieces, the Maître de Moulins triptych, together with the Duke of Montmorency’s sumptuous mausoleum, one of the 17th Century’s finest funerary monuments, portraying the great warrior swooning on his weeping widows knees. The Anne de Beaujeu museum, occupying France’s very first Renaissance gallery alongside the cathedral, the Centre de l’Illustration contemporaine located within the renovated Hôtel de Mora, the sacred art collection entitled “Regards sur la Visitation” and housed within the Hôtel de Moret, together with the Musée du Bâtiment in the Mariniers quarter are all sure to indulge avid amateurs, collectively presenting the enriched legacy of the cultural and artistic contribution extended by the Dukes of Bourbon to the capital of their Dukedom as from the 15th Century. The cncs, which is located in the Quartier Villars, on the banks of the River Allier, is the world’s very first Centre entirely devoted to material theatrical heritage. This accomplishment, which is the result of cooperation between the State and town of Moulins, has required twelve years to define the Centre’s cultural and scientific contents, to ensure site rehabilitation and renovation of existing buildings and for the construction of reserve buildings for collections. The Bibliothèque nationale de France, the Comédie-Française and the Opéra National de Paris are the Centre’s founding institutions, their contribution (costumes, painted sets, antique machinery parts…) providing the collections’ foundation. The cncs’s missions include the preservation, the study and the promotion of theatrical costumes, of which the Centre today boasts over 10,000 models, an ever-increasing figure. As a theatrical costume museum, the cncs is also a scientific and museographical tool serving both the general public and professionals alike. Thanks to its auditorium, its documentation centre and its training rooms, the Centre not only stages three major exhibitions each year, but also organises events, professional encounters and training courses, together with an educational programme to suit all teaching levels. A costume to be oneself or to become someone else… The costume is not simply an isolated part of the show’s production; its aesthetics contribute considerably to the overall vision which the director is endeavouring to portray. Producing a theatrical performance requires teamwork which is led by the director, who personally chooses the show’s set designer and costumer. Occasionally, all three functions are ensured by the same person. Designed by the costumer and made by highly specialised sewing rooms employing skilled craftsmen, the theatrical costume is an act of love.

Le Quartier Villars
The Quartier Villars


Commencée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la construction du Quartier Villars s’étale sur un siècle. Le premier architecte est Jacques Denis Antoine (Paris, 1733 – Paris, 1801), artiste de grande réputation, auteur, entre autres de l’Hôtel des Monnaies à Paris. Elle s’inscrit dans le programme de réforme de la vie militaire initié par Choiseul, ministre de la guerre de Louis XV. Le site porte le nom du maréchal Claude Louis Hector de Villars (1653 – 1734), natif de Moulins, qui fut un des grands hommes de guerre du règne de Louis XIV, on l’appelle aussi Quartier de la Madeleine, du nom de ce faubourg.

Construction of the Quartier Villars began during the second half of the 18th Century, to continue for a hundred years. Its first architect was Jacques Denis Antoine (Paris, 1733 – Paris, 1801), renowned artist and designer of, among others, the Hôtel des Monnaies in Paris. Construction work was part of the military reform programme launched by Choiseul, Minister for War under Louis XV. The site was named after Marshal Claude Louis Hector de Villars (1653 – 1734), a native of the town of Moulins and one of the greatest men of war during the reign of Louis XIV. It is also referred to as the Quartier de la Madeleine, after the eponymous suburb.

Un quartier pour loger les troupes

Elevé sur la rive gauche de l’Allier, sur un site de quatre hectares, le Quartier Villars a connu des heures brillantes tout au long du xixe siècle et jusque dans les années trente du xxe siècle. Revues, manoeuvres, bals et concerts animaient la ville. C’est au bras d’un bel officier de cavalerie cantonné au Quartier Villars qu’une jeune et jolie couturière, Gabrielle Chanel, surnommée Coco, quitta Moulins pour « monter » à Paris et devenir une des icones de la mode. Après la deuxième guerre mondiale, les bâtiments furent occupés par la Gendarmerie, qui les délaissa en 1980. Quel destin pour le Quartier Villars ? La question occupa la population et les édiles, fit couler beaucoup d’encre et de salive. Après bien des péripéties, le Quartier Villars, voué à la démolition, fut sauvé en 1984 grâce à un classement comme monument historique. Des travaux de sauvegarde commencent l’année suivante, puis une vaste et délicate campagne de travaux de restauration est menée par les Monuments Historiques, le bâtiment ayant été gravement endommagé par les débuts de la démolition. Au terme de plusieurs études, l’Etat propose à la Ville de Moulins un projet d’implantation d’un Centre National du Costume de Scène (ou cncs) dans le Quartier Villars. En 1997, un concours d’architecture est ouvert pour l’aménagement du bâtiment principal et la construction d’un bâtiment de réserves, il est remporté par Jean-Michel Wilmotte associé à l’architecte moulinois Jacques Brudin. Terminés en mai 2006, les travaux, d’un montant de 22,5 millions d’euros, ont été financés par l’Etat ; la Ville, le Département et la Région apportant chacun 1 million d’euros.

A Quartier to accomodate troops

Erected across a four hectare site on the left bank of the River Allier, the Quartier Villars knew many a great hour throughout the 19th Century and up to the late 1930’s. Reviews, manoeuvres, balls and concerts provided the town with constant entertainment. Indeed, it was arm in arm with a handsome young cavalry officer based at Quartier Villars that the young and pretty couturière, Gabrielle Chanel, also known as Coco, was to leave Moulins to head for Paris and become one of fashion’s greatest icons. The Gendarmerie set up headquarters in the district’s buildings from the end of wwii to 1980. What future then awaited the Quartier Villars? A source of much discussion, the issue proved to be of great concern to the population and councilors alike. After many an episode, the Quartier Villars, initially fated for demolition, was finally saved in 1984, following its classification as a historical monument.
Salvage work commenced the next year, followed by a vast and delicate restoration campaign under the auspices of the French historical monuments commission, the building having suffered serious damage caused by the start of demolition work.
Subsequent to several studies, the French State presented the Moulins Town Council with its project to create the Centre National du Costume de Scène (or cncs) within the Quartier Villars. In 1997, an architectural contest, launched to create a design for the development of the main building together with the construction of a reserve building, was won by Jean-Michel Wilmotte in association with the Moulins-born architect Jacques Brudin. Work, which was concluded in May 2006 for a total investment of 22.5 million euros, was funded by the French State; the town, the department and the region bringing each 1 million euros.

Le cncs au Quartier Villars

Le Quartier Villars compte aujourd’hui dix bâtiments autour d’une vaste place d’armes, le cncs en occupe déjà quatre. Le bâtiment principal, classé monument historique, est le plus ancien. Il est magnifique par l’élégance de ses proportions (93m sur 20m), la qualité de ses matériaux (du grès de Coulandon) et l’audace de ses procédés de construction (voûtes sarrasines, maçonnerie armée…). Ordonné autour de trois cages d’escaliers monumentales, il présente trois plateaux de 1 500 m2 chacun. L’ensemble, vu de l’extérieur, a l’austère majesté des monuments du Grand Siècle, mais à l’intérieur tout est joyeux et clair, les grandes fenêtres régulières diffusant dans les escaliers de grès blond une lumière généreuse. Le bâtiment historique est flanqué du très moderne bâtiment de réserves, qui, habillé d’une cotte de maille, fait contraste. L’ensemble est un site pilote edf, équipé d’un système de chauffage / climatisation fonctionnant par géothermie, très économe en matière d’énergie. La place d’armes, aménagée par la Ville de Moulins, dégage parfaitement le bâtiment. Une allée de pavés anciens mène de la grille d’entrée à la façade, soulignant l’inscription du Quartier Villars dans l’axe historique de la Ville. Passages de pelouse et tilleuls taillés en rideau apportent leur fraîcheur dans cet ensemble minéral. Vaste et ouverte, la place d’armes est un lieu idéal pour des manifestations en plein air.

Les espaces publics

A l’origine, le rez-de-chaussée, voûté, abritait les écuries, il est aujourd’hui consacré à l’accueil du public. Billetterie, boutique, vestiaire, restaurant et auditorium d’une capacité de cent places s’y succèdent. Sols de pierre de Volvic, murs de grès de Coulandon, enduits d’un jaune presque méditerranéen s’habillent de bois blond et de métal, Jean-Michel Wilmotte a signé cet aménagement, suffisamment présent pour réchauffer ces espaces, assez discret pour en souligner la grandeur. Les salles d’exposition Tout le premier étage, autrefois chambrées des soldats et chambres des officiers, est consacré aux expositions. Huit salles vitrines sont autant de petites scènes qui permettent de replacer les costumes dans un contexte scénographique. Deux salles libres autorisent toutes les utilisations. Enfin la grande salle sur deux hauteurs, dite « salle du gril » parce qu’équipée d’un cintre de machinerie théâtrale, permet la présentation de toiles peintes et d’éléments de décor, et aussi toutes les fantaisies, toutes les évocations de la démesure théâtrale.

Les réserves

Le bâtiment de réserves, construit par Jean-Michel Wilmotte, est un coffre fort de béton brut, couvert d’une maille d’acier qui rappelle le textile des collections qu’il abrite. Il reprend dans sa volumétrie les dimensions d’une des deux ailes qui flanquaient le bâtiment principal et qui ont aujourd’hui disparu. Sur 1730 m2, les réserves présentent au rez-de-chaussée des espaces de travail (aires d’arrivée et de départ des costumes, sas de transport, local d’emballage, de tri, salle d’isolement, atelier de mannequinage…). Puis, sur trois étages, des réserves équipées de compactus, vastes armoires roulantes, comportant penderies et tiroirs, permettent le rangement d’environ dix mille pièces de costumes. Ces réserves sont conformes aux prescriptions les plus poussées en matière de sécurité sanitaire et physique des oeuvres, climatisées par des réseaux indépendants. Elles sont reliées au bâtiment principal par un sas vitré.

The cncs within the Quartier Villars

Today, the Quartier Villars comprises ten buildings focusing on a vast place of arms, four of which are already occupied by the cncs. The main building is the oldest, and is now classed as a historical monument. Its elegant proportions render the building quite magnificent (93m long and 20m wide), together with the quality of its construction material (Coulandon sandstone) and the audacity of its features (brick vaults, reinforced masonry…). Arranged around three monumental staircases, the building comprises three plateaux, each of which covers a surface area of 1,500 m2. From the exterior, the edifice is reminiscent of the austere and majestic monuments of the Great Century; however once inside, all is joyful and radiant, the vast and regular windows generously illuminating the light sandstone staircases. The historical building is flanked by the ultra-contemporary reserve building, whose modernism and coat of mail covering offer a stunning contrast. The development is an edf* pilot site, equipped with a heating/air conditioning system powered by highly economical geothermal energy. (*Electricité De France, the French electricityboard) The place of arms, refashioned by the Moulins Town Council, perfectly accentuates the building. A pathway of old paving stones leads the way from the entrance gate to the facade, highlighting the Quartier Villars’ significance in the town’s history. Intermingling lawns and curtains of linden trees bring a touch of freshness to this mineral landscape. The vast and exposed place of arms offers an ideal location for open-air events.

Public areas

Originally, the vaulted ground floor housed the stables; today it is the reception hall. Ticket sales are followed by boutiques, then cloakrooms, a restaurant and a 100-seat auditorium. Volvic stone flooring, Coulandon sandstone walls, an almost Mediterranean yellow rendering adorned with blonde wood and metal; Jean-Michel Wilmotte’s signature is conspicuous within this interior design, sufficiently assertive to provide warmth, yet subtle enough to highlight the building’s grandeur.

Exhibition rooms

The entire first floor, which formerly provided accommodation for soldiers and officers, is now devoted to exhibitions. Eight showcase exhibition rooms act as miniature stages displaying costumes within a scenographic context. Two further rooms can be used for a great variety of purposes. Finally, the great split-level hall, equipped with a theatrical grid, hence referred to as the “salle du gril”, or grid room, allows painted decor and props to be displayed, together with all sorts of other whimsical features or examples of theatrical immoderation.

Reserves

The reserve building, designed by Jean-Michel Wilmotte, is a raw concrete safe, covered with a steel mail reminiscent of the costumes it holds. Its form and volume are identical to one of the wings which formerly flanked the main building and have, today, disappeared. Across 1,730m2, the reserves include, on the ground floor, work areas (costume reception and departure zones, transport lock, packaging and sorting rooms, isolation room, mannequining workshop…). Then, on the following three floors, reserves equipped with compactus shelving systems, vast sliding wardrobes including both hanging space and drawers, hence enabling the storage of some ten thousand costumes. These reserves are in compliance with the most stringent recommendations for the sanitary and physical security of works of art and benefit from totally independent air-conditioning.

Un musee pour chacun
A museum for everyone

Faire travailler l’esprit et la main de compagnie, joindre l’artistique au technique, assembler la forme et le fond, coudre ensemble le savoir-faire et l’étude… voilà ce que permet l’alliance du centre de documentation et des salles de pédagogie. Tous les publics, de tous les âges y trouvent matière à enrichissement et à jubilation.

When the spirit and hand work together, art and technique are joined, form and foundation are assembled, know-how and research are sewn together… this is the alliance between the documentation centre and the pedagogical activities. All publics, all ages find matter for their enrichment and joy.

Documentation et médiation

Le deuxième étage propose, outre la zone de bureaux, un centre de documentation et un centre de formation. Le centre de documentation est consacré à l’histoire générale des arts du spectacle, aux métiers de la scène. Il est plus précisément spécialisé sur le costume et la mode. Ouvert aux amateurs et aux professionnels, il propose à la consultation sur place des ouvrages de base et de référence, des ouvrages illustrés, des dossiers de recherche, des documents multimédias… Le centre de documentation travaille en étroite liaison avec le service jeune public. Visites guidées, ateliers, spectacles sont proposés aux jeunes en temps et hors temps scolaire. Le cncs travaille aussi en « cousu main » pour des opérations uniques montées en partenariat avec des classes, des établissements scolaires, des centres de loisirs, des écoles professionnelles, des universités… Les quatre salles de formation sont en activité depuis l’ouverture. Petits et grands s’y succèdent, des classes de maternelles aux élèves de l’Ecole du Louvre, des petits danseurs aux grands brodeurs… Tous les niveaux de l’Education Nationale sont représentés, et pendant les vacances scolaires des ateliers prennent le relais. Tandis que les jeunes s’essayent au costume et au décor, des entreprises conduisent des séminaires, des sportifs des journées d’études et des associations des assemblées générales !

Documentation and Education

The second floor, over and above office space, comprises a documentation centre and an educational centre. The documentation centre is dedicated to the general history of the performing arts and theatrical professions. It is more specifically specialized in costumes and fashion. The documentation centre is opened to amateurs and professionals alike, offering the possibility to consult, on site, textbooks and reference works, illustrated books, research files, multimedia documentation… The documentation centre develops close links with the youth department. Guided visits, workshops and shows will be organized for young visitors, both within and outside school hours. The cncs also offers unique, “tailor made” programmes in partnership with classes, schools, leisure centres, professional colleges, universities… The four teaching rooms have been highly active since the Centre opened, successively welcoming the young and old, from nursery classes to students from the Ecole du Louvre, from little dancers to skilled embroiderers… All levels of the French national education system are represented and workshops are organised during school holidays. Whilst young enthusiasts try their hand at costumery and decor, businesses organise their seminars, sportsmen and women their day conferences and associations their general assemblies!

Les Collections
Collections


Le cncs conserve les plus prestigieuses collections au monde, déposées par ces trois grandes institutions que sont la Bibliothèque nationale de France, la Comédie-Française et l’Opéra national de Paris, ou appartenant au cncs via les dons de costumiers de théâtres, de compagnies, d’artistes et de leurs familles.

The cncs is home to the world’s most prestigious collections, deposited by its three founding institutions: the Bibliothèque nationale de France, the Comédie-Française and the Opéra national de Paris, or property of the cncs thanks to designers, theaters, companies, artists and artists’ families.

Les plus prestigieuses collections au monde

Ce premier fonds de 9 000 costumes, identifiés, traités, provient de productions du théâtre vivant, opéra, ballet, théâtre, fêtes, défilés, vestiaires d’artistes… Les plus anciens datent de la seconde moitié du xixe siècle, les plus récents habillaient encore les artistes voici quelques mois. Tous les genres sont représentés : costume militaire, costume historique, tutu, animal, costume fantastique, costume féerique ; tous les styles et toutes les époques, de la peau debête au scaphandrier, du troubadour à la nymphette… ; toutes les techniques de couture et tous les matériaux, fibres naturelles et sacs plastiques, broderie et peinture, brocart et haillon… Dans certains cas les accessoires accompagnent les costumes, chaussures, chapeaux, gants, bijoux, bas, plumes, sacs… Depuis son ouverture, le cncs a commencé à construire son fonds propre. Des dons faits par des institutions comme le Conservatoire national supérieur de musique et de danse, comme le Ballet Atlantique et sa directrice la chorégraphe Régine Chopinot, le Théâtre Daunou et sa directrice Denise Petitdidier, des costumiers comme Jean Paul Gaultier et Christian Lacroix sont venus enrichir les réserves de précieuses collections, augmentées tout dernièrement du vestiaire d’une diva, celui de Régine Crespin. Une fois entrés dans les collections du cncs, couchés sur ses inventaires, ces costumes acquièrent le statut d’oeuvres, ils ne seront plus jamais portés et toujours traités avec le soin dû aux oeuvres muséales. Un inventaire précis, une fiche d’état sanitaire, une photographie d’identification forment la carte d’identité du costume, renseignent sur la production et ses représentations, le rôle et l’artiste, l’équipe de création et l’atelier de couture ainsi que sur l’état de conservation. Ce document accompagne le costume dans sa nouvelle vie.

Le fonds de l’Opéra national de Paris

Le fonds musée des costumes de l’Opéra national de Paris est déposé dans son intégralité au cncs. Soit 5 000 costumes d’opéras et de ballets, retraçant la vie et l’esthétique des spectacles de cette institution depuis un siècle et demi. Pour la plupart, ces costumes ont été réalisés dans les Ateliers de couture de l’Opéra. Ils sont le plus bel hommage à l’excellence de ce service, hier comme aujourd’hui. On peut ainsi égrener les noms de costumiers des Ballets Russes, comme Bakst, Benois, Derain, Doboujinsky qui travaillèrent aussi pour le Palais Garnier, ceux des artistes de l’Ecole de Paris, Chapelain-Midy, Oudot, Malclès, Wakhévitch, ou encore ceux de grands couturiers, Saint Laurent, Lacroix, Gaultier… mais aussi chuchoter que Maria Callas, Yvette Chauviré, Régine Crespin, Rudolf Noureev, Serge Lifar, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, ou bien d’autres, ont porté ces costumes.

Le fonds de la Bibliothèque nationale de France

Le département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France a pour vocation de rassembler, de conserver, de communiquer, de mettre en valeur un très riche fonds qui concerne tous les arts du spectacle. Une infinie variété de documents y sont rassemblés, dont des costumes de scène et des accessoires, qui complètent des collections de documents manuscrits, imprimés et iconographiques, des peintures, des sculptures… Le fonds déposé au cncs par la Bibliothèque nationale est très divers, costumes de la Compagnie Renaud- Barrault, du Théâtre de l’Atelier sous la direction de Charles Dullin, du Théâtre du Campagnol dirigé par Jean-Claude Penchenat, des jeux olympiques d’Albertville…

Le fonds de la Comédie-Française

Les costumes des spectacles de la Comédie- Française sont fabriqués dans les Ateliers de couture du théâtre dont la réputation est immense, notamment pour les vêtements de coupe historique. Les costumes les plus anciens et les plus précieux sont conservés dans un fonds musée. Cette collection est en perpétuel devenir et, quelque soit le statut de ces costumes, construit jour après jour la mémoire de l’institution. Elle fait partie du riche patrimoine du théâtre qui rassemble des archives, une bibliothèque, une collection d’oeuvres d’art. Le fonds déposé à Moulins couvre un demi-siècle d’activité, rassemble des productions signées par Suzanne Lalique, Lila de Nobili ou Thierry Mugler…

Un témoignage

Quelle qu’ait été la raison pour laquelle ces costumes ont été conservés, que ce soit l’importance de la production ou la célébrité de l’artiste, la renommée du costumier ou la beauté des matériaux, l’intérêt de la coupe ou de la technique de couture, l’élégance mesurée ou la folle démesure… ou tout autre critère ayant présidé au choix opéré par les responsables de ces collections, ils constituent un témoignage fort de la créativité des costumiers qui les ont dessinés, du talent et du savoir-faire des ateliers qui les ont réalisés.

The world’s most prestigious collections

The main collection comprising 9,000 identified and preserved costumes, originates from living theatre productions, opera, ballet, theatre, parties, fashion shows, artists’ wardrobes… The oldest date from the second half of the 19th Century, and the most recent costumes adorned artists barely a few months ago. All styles are represented: military costumes, historical costumes, tutus, animals, fantastic costumes, fairytale costumes; all styles but also all periods, from animal coats to deep sea diving suits, from troubadours to nymphets…; all dressmaking techniques and all materials, from natural fibres to plastic bags, from embroidery to paint, from brocade to rags… Some costumes still have their accessories: shoes, hats, gloves, jewellery, stockings, feathers, handbags… Since the cncs opened, the Centre has progressively developed its own museum holding. Donations from institutions such as the Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse, the Ballet Atlantique with its choreographer, Régine Chopinot, the Théâtre Daunou and its Manager, Denise Petitdidier, costume designers such as Jean Paul Gaultier and Christian Lacroix who have endowed the Centre’s reserves with precious collections, further augmented recently by the diva, Régine Crespin’s wardrobe. Once a costume has joined the cncs collections, and is duly noted in its inventory, it is considered as a work of art, never again to be worn and always to benefit from the greatest of care worthy of any museum piece. An accurate inventory, a sanitary status document and an identification photograph comprise each costume’s identity card, providing information on the theatrical production concerned and its representations, the role of the artist, the design team and the sewing room, together with the costume’s conservation status. This document accompanies each garment throughout its new life.

The Opera National de Paris holding

The entire museographic costume holding from the Opéra National de Paris has been deposited to the cncs, representing some 5,000 opera and ballet costumes, depicting the life and the beauty of this illustrious institution over the last 150 years. Most of the costumes were made in the Opera’s own sewing rooms and are the greatest tribute that could be paid to this department, bearing witness to past and present excellence. Thus, one can list the names of costumers from the Russian Ballet, such as Bakst, Benois, Derain and Doboujinsky who also worked for the Palais Garnier, together with those of artists from the Ecole de Paris: Chapelain- Midy, Oudot, Malclès and Wakhévitch, or even those of illustrious fashion designers such as Saint Laurent, Lacroix, Gaultier… with an added whisper to reveal that Maria Callas, Yvette Chauviré, Régine Crespin, Rudolf Noureev, Serge Lifar, Luciano Pavarotti, Placido Domingo and many others have worn these costumes.

The Bibliothèque Nationale de France holding

The Bibliothèque Nationale de France’s performing arts department’s vocation is to bring together, to preserve, to promote and to develop an extremely valued collection covering all of the performing arts. The collection includes an infinite diversity of documents, including those pertaining to theatrical costumes and accessories, in complement to manuscripts, printed or iconographical material, paintings, sculptures… The collection endowed by the Bibliothèque Nationale to the cncs is particularly diverse, including costumes from the Compagnie Renaud-Barrault, from the Théâtre de l’Atelier, directed by Charles Dullin, from the Théâtre du Campagnol, directed by Jean-Claude Penchenat and from the Winter Olympics held in Albertville, in the French Alps…

The Comédie-Française holding

Performance costumes from the Comédie- Française are made in the theatre’s own sewing rooms, of an unprecedented reputation, particularly for historical garments. The oldest and the most valuable costumes are conserved in a museum holding. This collection is ever-expanding and, independently of the condition of the costumes it holds, it adds, day after day, a new chapter to the history of the institution. It is part of France’s rich theatrical heritage reuniting archives, a library and a collection of works of art. The collection in Moulins covers half a century of activity, encompassing works by Suzanne Lalique, Lila de Nobili or Thierry Mugler…

A memory

Whatever the reason for preserving these costumes, be it the importance of the theatrical production they originate from or the fame of the actor who wore them, the reputation of the costume designer or the beauty of the materials used, the specificity of the cut or the dressmaking technique, their subtle elegance or untamed extravagance… or any other criterion which may have inspired those responsible for these collections, they bear strong witness to the creativity of the costumers who designed them and the talent and skill of the studios who made them.

Les Expositions
Exhibitions

Le textile est une matière fragile qui ne peut être exposée en permanence. Le cncs, comme tous les musées qui conservent du costume, présente donc uniquement des expositions temporaires. Deux fois dans l’année le cncs change de peau. Il s’est déjà habillé fourrure et plume pour « Bêtes de scène », domino et pierrot pour « Théodore de Banville et le théâtre », camouflage pour « J’aime les militaires ! », haute couture théâtrale pour « Christian Lacroix costumier », cuir et corset pour « Jean Paul Gaultier Régine Chopinot : le Défilé », kaftans et turbans pour « Costumes des Mille et une Nuits », pétales et feuilles de vigne pour « Au fil des fleurs », pourpoints et tutus pour « Rudolf Noureev », fourrures et fichus pour « A l’aube des ballets russes », diamants et boas pour « Vestiaire de Divas ». Ouvrez les yeux, le rideau va se lever !

Textile is fragile and as such cannot be exhibited on a permanent basis. Consequently, the cncs, just like any other museum conserving costumes, only displays temporary exhibitions. So, two times a year, the cncs changes attire. The Centre has already donned fur and feathers for “Bêtes de scène”, domino and Pierrot for “Théodore de Banville et le théâtre”, camouflage for “J’aime les militaires!”, theatrical haute couture for “Christian Lacroix costumier”, leather and corsets for “Jean Paul Gaultier Régine Chopinot: le Défilé”, kaftans and turbans for “Thousand and one nights costumes”, petals and vine leaves for “As flowers go by, garden scenes”; doublets and tutus for “Rudolf Nureyev”, diamonds and boas for “Vestiaire de Divas”. Open your eyes, the curtain is rising!”

Bêtes de scène
Exposition d’ouverture

Pour faire la bête il faut en avoir la peau ! Pour son ouverture, le cncs a sorti un bestiaire enchanté, où les costumes les plus précis auxquels ne manquent ni une plume ni un poil voisinent avec ceux où règne l’évocation la plus astucieuse, la plus décalée, la plus fantaisiste. V Au royaume des mers une sirène voisina avec Platée dans sa tenue de grenouille et sur la banquise les ours blancs dansèrent avec les pingouins. Le talent des costumiers et l’inventivité des ateliers éclataient joyeusement car, c’est connu, quand les animaux parlent, chantent et dansent c’est l’univers des contes de fées !

To play a beast, one must don the coat! For its inauguration, the cncs hunted out an enchanted bestiary, where the most meticulous of costumes with neither a feather nor a hair out of place accompanied those portraying the shrewdest, the most outlandish and the most whimsical of evocations. In the kingdom of the deep, mermaids mingled with Platée in his frog suit, whilst polar bears danced on the floe with penguins. A joyful eruption of costumer talent and dressmaking inventiveness, since, as we all know, when animals start to talk, sing and dance, the fairytale has already begun!

Théodore de Banville et le théâtre

Théodore de Banville en arlequin…Et pour suivre on convoqua la poésie, en la personne d’un de ses orfèvres les plus délicats, Théodore de Banville, né à Moulins, qui chanta sa ville natale, et fut un des plus grands poètes parnassiens, ami de Théophile Gautier, de Baudelaire et de Victor Hugo, qui le considéraient comme leur pair, homme de théâtre joué à la Comédie-Française et sur bien d’autres scènes. Ecrivain aux talents multiples, il célébra les personnages de la Comédie Italienne, s’identifiant en Pierrot, un peu Arlequin sur les bords et Polichinelle au besoin. Ces personnages lui firent cortège au cncs, et tout finit avec une scène de cirque, car le mythe de l’artiste en clown fut son invention, comme en témoigne son célèbre poème du « Saut du tremplin », « Plus haut ! plus loin ! de l’air ! du bleu ! des ailes ! »

Théodore de Banville plays Harlequin… And to follow, poetry was invited to join the dance, articulated by one of its most graceful craftsmen, Théodore de Banville. Born in Moulins, he sang his native town to become one of the greatest of Parnassian poets. A friend of Théophile Gautier, Baudelaire and Victor Hugo, all of them considering him as their peer, Banville was a man of theatre, portrayed, not only at the Comédie-Française, but also, on many a stage elsewhere. As a writer of many talents, he celebrated characters from the Italian Commedia dell’Arte, readily identifying himself as Pierrot, with a hint of Harlequin, and why not a zest of Pulcinella. The same characters led the procession at the cncs, the show culminating in a circus act, for the myth of the artist dressed up as a clown was indeed invented by De Banville, as his famous poem “Saut du tremplin” (The Spring in the Air) bears witness, “Higher! further! air! blue! wings”.

J’aime les militaires !
Des militaires dans une caserne

Le cncs se devait de rendre hommage aux vaillants cavaliers et gendarmes qui l’avaient précédé dans les splendides murs du Quartier Villars. Ce fut chose faite avec l’exposition « J’aime les militaires ! », titre emprunté à un des airs de « La Grande duchesse de Gerolstein », opéra-comique d’Offenbach. Comme chez Offenbach tout était joyeusement déjanté pour cette scénographie mettant en espace des costumes plus ou moins militaires, traitant et maltraitant l’uniforme.
On ne cacha pas les réalités du monde moderne, mais tout finit quand même par des chansons… cocardières et par un grand bal à l’état-major ! Bien sûr, pour l’occasion, le cncs avait noué un partenariat avec le Musée de l’Armée, et c’est ainsi que la première exposition parisienne du Centre a été celle-ci, aux Invalides, inaugurée par le Ministre de la Défense en personne. Quelle fierté pour le tout jeune cncs de se trouver à l’ombre du dôme des Invalides, mais au fond le Maréchal de Villars s’y trouvait chez lui !

Soldiers in their barracks!

It appeared to be the cncs’s duty to pay tribute to the valiant cavalrymen and gendarmes who previously marched within the splendid walls of Quartier Villars. And the “J’aime les militaires!” exhibition was the perfect opportunity to do so, its title (I love soldiers!) being inspired by an aria from “The Grand Duchess of Gerolstein”, a comic opera by Offenbach. As in Offenbach’s opera, the entire scenography was joyfully outrageous, putting on show more or less military costumes, both sing and abusing uniform. Although the realities of the modern world transpired, the show nevertheless ended in… chauvinistic… song and with a grand military ball! For the occasion, the cncs had of course joined forces with the Musée de l’Armée (Military Museum), hence giving birth to the Centre’s very first Parisian exhibition, at the Invalides, inaugurated by the Minister for Defense in person. What an honour for the young cncs to stand before the very dome of the Invalides; yet, all things considered, Marshal Villars was surely perfectly at home there!

Christian Lacroix Costumier

Christian Lacroix, un président costumier

Comment un grand couturier prend-il possession du théâtre ? Au cncs, Christian Lacroix a évoqué son parcours de vingt années au bord des scènes en huit escales et un feu d’artifice ! Les huit escales sont celles de « Gaîté parisienne » et de ses danseuses de cancan à la Toulouse-Lautrec, de l’Espagne chère à son coeur, avec Carmen et ses danseuses de flamenco, de la jalousie d’Othello, fureur d’amour et de mort, tandis que l’escale suivante miroite de la splendeur des costumes de « Phèdre », chefs-d’œuvre des Ateliers de couture de la Comédie- Française, éclairés par la lumière magique des bougies. Elégance, robes de concert et robes sculptures étaient de rigueur pour les Arts Florissants, tandis que les héroïnes de Mozart s’habillaient de satins nacrés et de faux boutis provençaux. Enfin, les sortilèges de « Shéhérazade » précédèrent les masques des « Caprices de Marianne », huitième escale, avant la mystérieuse valse des tutus, manège de soies et de tulles, moment magique, vision de rêve où flottaient les images de la Cinémathèque de la Danse.

Christian Lacroix, Chairman and Costumer
So how does a great designer take over a theatre? At the cncs, Christian Lacroix recounted his twenty year career on stages via eight consecutive scenes and a firework finale! The eight scenes were taken from the ballet, “Parisian Gaiety” and its Toulouse- Lautrec style French cancan dancers, from his beloved Spain via Carmen and its flamenco dancers, from Othello’s jealousy, the fury of love and death, whilst the following scene highlighted the gleaming splendour of costumes from «Phaedre», each and every one of them a masterpiece from the Comédie-Française sewing rooms, magnificently illuminated by candlelight. Elegance, concert and sculpted dresses were de rigueur for the Arts Florissants, whereas Mozart’s heroines donned nacreous satin and Provencal boutis. And finally, spells cast by “Sheherazade” preceded masks from the “Moods of Marianne”, the eighth scene, before the mysterious tutu waltz, a carrousel of silk and tulle, a magical moment, a scene from a dream with floating pictures from the Cinémathèque de la Danse.

Jean Paul Gaultier Régine Chopinot : le Défilé
Quand Jean Paul Gaultier et Régine Chopinot défilent

Et quelques mois plus tard Christian Lacroix accueillait au cncs un couturier emblématique, un confrère, un ami, Jean Paul Gaultier et ses créations pour les ballets de Régine Chopinot. Ces deux artistes ont parcouru ensemble quatorze créations qui s’inscrivent tout autant dans l’histoire du costume de danse que dans l’histoire de la mode. Tout Jean Paul Gaultier est là, avec ses corsets et ses marinières, ses tutus et ses robes conjuguées au masculin, ses matelassés et ses surpiqués ! Et tandis que défilent crinolines et slips géants, animaux et boxeurs, d’étranges carapaces de tulle, taillées comme des buis, accompagnent des blousons de cuir noir. Cette exposition avait été conçue par le Musée de la Mode et du Textile (Arts Décoratifs) à Paris, partenaire du cncs pour cette aventure. A cette occasion, Régine Chopinot et sa compagnie, le barc, ont fait don des costumes de Jean Paul Gaultier en les partageant entre ces deux structures, une partie à Paris, une partie à Moulins. Un cadeau royal !

Jean Paul Gaultier and Régine Chopinot on parade
And only a few months later, Christian Lacroix welcomed another emblematic fashion designer to the cncs, both a peer and a friend: Jean-Paul Gaultier together with his creations for Régine Chopinot’s ballet. Together, these two artists perused fourteen creations, each of them as much part of our dance costume heritage as of the history of fashion itself. Jean Paul Gaultier is present in all his splendour, with his timeless corsets and middy blouses, his tutus and masculine dresses, his quilting and topstitching! And whilst the stage welcomes crinolines and giant pants, animals and boxers, strange tulle shells akin to pruned boxwood accompany black leather blousons. The exhibition was designed by the Musée de la Mode et du Textile (Decorative Arts) in Paris, a cncs partner for this venture. For the occasion, Régine Chopinot and her ballet company, barc, generously donated Jean Paul Gaultier’s costumes between the two institutions, part of them in Paris and part of them in Moulins. A royal gift!


Costumes des Mille et une Nuits
Mirages et sultanes…

Depuis sa création, le spectacle invite au voyage, parcourant le temps et la terre. Sur la scène des théâtres, de la plus riche à la plus modeste, s’opère cette évocation magique du rêve merveilleux du voyage vers l’Orient. Riches de leur imagination, les artisans du spectacle créent le dépaysement, fignolant un ailleurs en décors et costumes, trésors chatoyants d’exotisme. Bien des oeuvres scéniques, pièces de théâtre, opéras, ballets, revues… puisent leurs thèmes dans les contes des Mille et une Nuits. Que ce soit la turquerie du « Bourgeois gentilhomme » de Molière, « Les Indes galantes » de Rameau, « Zadig » de Voltaire, « Marouf, savetier du Caire » de Rabaud, ou encore toutes les péris, les almées et les bayadères chères au ballet… Tous ces personnages légendaires se sont retrouvés dans une débauche de soieries, de damas et de mousseline au cncs.

Mirages and sultans…

Since the very beginning, spectacles have been an invitation to travel, through time and around the globe. Theatres from the richest to the most humble have been host to the magical evocation of the dream of voyages to the Orient. Using their rich imagination, the artisans of the theatre create a change of place, fabricating an “elsewhere” with sets and costumes, shimmering treasures of exoticism. Many staged works – plays, operas, ballets, revues, are rooted in the stories from the Thousand and One Nights. From the Turkish scene of Molière’s “Bourgeois gentilhomme” to “Les Indes Galantes” by Rameau, “Zadig” by Voltaire, “Marouf” by Rabaud; and the fairies, dancing girls and bayadères so dear to ballet, all these legendary characters were reunited in an orgy of silk, damask and muslin at the cncs.

Au fil des fleurs, scènes de jardins
Des broderies de buis et de soie

Voyage dans l’histoire des jardins, cette fois, au gré des techniques de création et de réalisation du décor végétal sur textile. Costumes fruits et costumes fleurs, brodés, peints ou tissés, chevalier à la rose et fée lilas, spectre de la rose et dame aux camélias, ou quand les plateaux des théâtres deviennent une nature plus vraie que tout paysage pour servir de cadre aux rêves des poètes et nous perdre dans la forêt enchantée de la Belle au bois dormant. C’était au coeur de l’hiver une invitation à découvrir les savoir-faire des artisans d’art des ateliers de costumes qui, armés de leur imagination et de leur savoirfaire, cultivent cette fleur rare de l’émotion.

Embroideries of boxwood and silk
Next a voyage through the history of gardens, thanks to the techniques of creation and realization of plant designs on textiles. Fruit costumes and flower costumes, embroidered, painted or woven; the knight of the rose, the lilac fairy, spectre of the rose and lady of the camellias; theatre stages turned into scenes of nature larger than life to serve as a frame for the dreams of poets and to help us lose ourselves in the enchanted forest of the Sleeping Beauty. In the heart of winter, this was an invitation to discover the talents of the artisans of the costume workshops, who, armed with their imagination and know-how cultivate the rare flower of emotion.

Rudolf Noureev, 1938-1993 la trame d’une vie

Une des rares icônes de la danse

« On vit parce qu’on danse, on vit tant qu’on danse ». Tel était la devise de cet enfant du voyage, révélé à lui-même par la danse et qui brûla sa vie aux quatre coins du monde, avant de venir se fixer à Paris, au bord de la Seine. Grâce à la générosité de la Rudolf Nureyev Foundation, le cncs a reçu un don important de documents, d’objets, de mobiliers, d’oeuvres d’art, de costumes… ayant appartenu à Rudolf Noureev. Cette exposition de costumes et de photographies était la préfiguration du futur lieu de mémoire qui sera consacré à ce danseur mythique au cncs.

One of the rare icons of the dance

“You live because you dance, you live as long as you dance”. This was the motto of this child of voyages, who discovered himself through dance and whose life was a meteoric passage around the world before settling in Paris on the banks of the Seine. Thanks to the generosity of the Rudolf Nureyev Foundation®, the cncs received an important donation of documents, objects, furniture, art work and costumes which belonged to Rudolf Nureyev. This exhibition of costumes and photos was the preview of a future memorial space at the cncs which will be consecrated to this mythical dancer.

Costumes d’operas russes, à l’aube des Ballets Russes

Quand la modernité d’hier est aussi d’aujourd’hui

Le cncs a commémoré à sa façon le centenaire de la Compagnie des Ballets Russes en exposant pour la première fois les costumes des opéras historiques russes que Diaghilev révéla en France, « Boris Godounov », « Ivan le Terrible », « La Khovantchina ». Foule somptueuse des boyards vêtus de fourrure et de velours, foule joyeuse du peuple vêtu de coton peint de couleurs vives et de motifs géométriques. Extraordinaire actualité de ces motifs, venus du fonds des âges, redessinés pendant le premier quart du xxe siècle, faisant de ces costumes de scène des documents ethnographiques et historiques, rappelant aussi l’importance de l’influence de Diaghilev dans tous les domaines de l’art moderne.

When yesterday’s modernity is also that of today

The cncs commemorated in its own way the centennial of the Ballets Russes with an exhibition of costumes from the historical operas presented by Diaghilev in France. These costumes from “Boris Godunov”, “Ivan the Terrible”, “Khovantchina” and others were exhibited here for the first time: crowd of boyards richly clad in fur and velvet; joyous peasant crowd dressed in painted cotton with bright colours and geometric patterns. The extraordinary modernity of these designs from the depths of time, re-worked during the first quarter of the 20th century make these stage costumes veritable ethnographic and historical documents and underline the importance of Diaghilev’s influence in all areas of modern art.

Vestiaire de Divas

Etre et paraître Diva

Hommage à cette figure de prima donna, femme d’exception parée d’une aura magnétique plus riche que tout l’or de ses bijoux ! La Diva, c’est d’abord la voix, cantatrice, comédienne, chanteuse, meneuse de revue… toutes convoquées ici, avec leur vestiaire et leurs accessoires. Dans un imaginaire paradis des Divas tendu de rose capiton ou de rouge flamboyant, voisinent la Callas et Sarah Bernhardt, Régine Crespin et Dalida, Zizi Jeanmaire et Montserrat Caballe, ou encore June Anderson et Renée Fleming. Au paradis des Divas, les costumiers sont rois, Yves Saint Laurent, Christian Lacroix, Frank Sorbier, Piero Tosi, Maurizio Galante et tant d’autres…

To be and to appear as a Diva
Hommage to the prima donna, exceptional woman surrounded by a magnetic aura richer than all the gold of her jewelry! The Diva is, above all, the voice – opera singer, actress, popular singer, revue star… all are found here, with their wardrobes and accessories. In an imaginary pink or flaming red paradise of Divas, Maria Callas and Sarah Bernhardt, Régine Crespin and Dalida, Zizi Jeanmaire and Montserrat Caballe, June Anderson and Renée Fleming live side by side. In this paradise the costume designers are kings: Yves Saint Laurent, Christian Lacroix, Frank Sorbier, Piero Tosi, Maurizio Galante and many others.